Bulle Immobilière en Chine : Un risque sous estimé.

La question n’est plus de savoir si la bulle va se dégonfler ou pas, mais jusqu’à quelle niveau elle va pouvoir subsister en l’état sans éclater avec fracas, tant le seuil d’alerte est dépassé depuis longtemps. En effet, alors que le grand public français imagine que la Chine est un pays inspirant la confiance d’une croissance infinie, ce n’est pas l’avis des investisseurs chinois : après un premier effondrement entre 2005 et 2007, la Bourse chinoise a encore perdu 60% de sa valeur depuis 2008.

Devant une place de marché qui rime avec gouffre financier, les investisseurs locaux se sont rapidement tournés vers l’immobilier (et, dans une moindre mesure, vers les oeuvres d’art.) Si la situation espagnole semblait déjà absurde avec ses quartiers résidentiels entièrement vides, la Chine risque bien de présenter un paysage de cauchemar. Alors qu’au plus fort de la fièvre immobilière, le secteur représentait en Espagne 12% de PIB, la Chine est passée, elle, à 15%. De 2002 à 2012, les mises en chantier ont été multipliées par 10.

Conséquences classiques et prévisibles : primo, la hausse exponentielle du coût de l’immobilier dans les villes chinoises (prix du m² multiplié par 2,5 en seulement cinq ans) ; secundo le nombre excessif de transaction immobilière purement spéculative – comprenez, où l’acquéreur n’habitera jamais le bien – qui varie selon les villes entre 20% et 40%. La Chine compterait aujourd’hui environ 64 millions de logements vides. Sur le papier, les autorités affichent des résultats encourageants mais comme souvent en Chine, les bonnes nouvelles viennent des informations officielles.

Les chiffres officieux, eux, font craindre un cataclysme économique inévitable. Les programmes haut de gamme, très prisés dans les métropoles chinoises, auraient déjà perdu 20% de leur valeur. Les stocks qui ne trouvent pas preneur atteignent dans certaines régions deux ans de vente. Deux-tiers des promoteurs immobiliers seraient en situation de trésorerie négative, et les fermetures pures et simples d’agences immobilières se multiplient.

Certains incidents localisés de propriétaires ayant saccagé des agences pour protester contre l’effondrement de la valeur de leur bien immobilier, pour lequel ils s’étaient endettés sur vingt-cinq ans et dont le crédit ponctionne jusqu’à 70% de leur revenu, font craindre à l’Etat que l’immobilier puisse être le détonateur d’une crise sociale incontrôlable. Quelles conséquences d’une explosion de cette bulle sur les économies européennes ? A très court terme, a priori, les économies occidentales et leurs systèmes financiers seraient peu impactées, les actifs immobiliers étant très majoritairement possédés par des Chinois.

Mais la Chine est le deuxième PIB mondial, avec une économie très ouverte sur le monde (avec un rapport commerce extérieur/PIB autour de 60%.) Quand elle prend froid, le reste du monde éternue. Et si elle tombait gravement malade ? …  Assurément il y aurait des conséquences, en particulier pour tous les investissement en Chine mais également sur les exportations des pays occidentaux. Le problème est connu à nous de nous prémunir.

Article du journal « Le Point« 

Article du journal « Chine aujourd’hui »

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